se raccompagner à la maison : l'étoile fixe Acubens, par Chloe Margherita, azurastrologue.fr

Se raccompagner à la maison : l’étoile fixe Acubens, par Chloe Margherita

J’ai traduit un deuxième texte écrit par mon estimée collègue Chloe Margherita, astrologue spécialisée dans les étoiles fixes (le premier était au sujet de l’étoile Murzims). Celui-ci porte sur l’étoile fixe Acubens, de la constellation du Cancer. Si vous le souhaitez, vous pouvez lire la version originale en anglais ici.

J’apprécie énormément les écrits de Chloe en général, et je vous recommande vivement sa newsletter Recent Bedroom si vous êtes à l’aise en anglais et que les étoiles fixes vous intéressent.

[Nota bene : Les critiques constructives au sujet de ma traduction ne sont pas malvenues, n’hésitez pas à m’envoyer un email ou à laisser un commentaire si vous songez qu’une correction serait à faire.]

« Se raccompagner à la maison : l’étoile fixe Acubens »

Il y a plusieurs mois, un article de journal a pris de l’ampleur de par l’étrange absurdité de son sujet. Des scientifiques étudiant l’évolution ont remarqué que 4 familles distinctes d’animaux avaient évolué pour prendre la forme d’un crabe. Il y avait même un meme populaire qui circulait pendant cette période, qui s’appelait « Le Cycle du Crabe » : « Il n’y a qu’un pas et c’est le crabe. » La forme du crabe a évolué tant de fois que les scientifiques ont trouvé un terme pour cela : la « carcination ». « Il doit y avoir un avantage évolutif à cette forme de crabe », songe le scientifique Bracken-Grissom. Et c’est le coeur de cette affaire, n’est-ce pas ? Nous n’évoluons pas du fait de la beauté, de la sagesse ou d’un grand dessein. L’évolution est principalement opportuniste ; un jeu de nombres. La mutation ou variation qui permet à la majorité de son type de survivre et se reproduire finira par prendre le contrôle du patrimoine génétique, jusqu’à ce que les homards deviennent des crabes et que le familier devienne non-familier, au nom de la continuité de la vie.

Le retour continuel de la même forme est rassurant, d’une certaine manière ; même si notre espèce actuelle de crabe disparaît, l’évolution pourrait bien les ramener à la vie.

Qu’est-ce que la résurrection sinon l’assurance que ce qui est mort ne meurt jamais vraiment, que la vie continue, invariablement ? Ce concept est clé à la compréhension d’Acubens, l’étoile la plus brillante de la constellation du Cancer. Elle est considérée une étoile de bonheur et de spiritualité et marque un individu avec de l’optimisme face aux fins, ainsi qu’un intérêt pour les points de transition entre vie et mort.

L’histoire d’Acubens

L’archétype du crabe est présent dans notre conscience collective depuis des milliers d’années. Il fait partie de nos cieux depuis l’Égypte ancienne. La constellation Cancer tenait une place puissante dans cette civilisation. Dans son livre « Star and Planet Combinations », Bernadette Brady nous dit que « à partir de 2000 ans avant l’ère commune environ, les étoiles de Cancer se levaient avant l’aube au moment du Solstice d’été ». Le Crabe, en d’autres termes, marquait le jour le plus long de l’année, et le début de l’été. Mais bien que le Soleil brille le plus longtemps à cette date, le solstice marque aussi le début de l’augmentation de la nuit. Astronomiquement, le solstice est quand le Soleil, après avoir atteint sa position la plus au Sud, inverse son chemin et commence à aller vers le Nord, ce qui mène à des jours plus courts jusqu’à ce que le Soleil inverse son chemin à nouveau. Ce mouvement de va-et-vient du Soleil a mené les Chaldéens à associer cette constellation qui se levait au solstice avec le Crabe, car lui aussi se déplace de côté. Les Égyptien·nes, de manière similaire, ont associé la constellation avec le scarabée, une créature affiliée à la résurrection, du fait de la culmination du Soleil et de la « renaissance » de la vie qui se produisent au premier jour de l’été.

La Nature du Crabe

Ces deux associations apportent un éclairage intrigant à Acubens. Le mouvement de côté de l’animal suggère que sa progression n’est pas linéaire. Il y a une sensibilité aux cycles, qui suggère que certains évènements se fondent encore et encore au cours du déroulement de nos vies. Le temps spiralant, cyclique, comme le concept de la résurrection, comme les marées changeantes habités par le crabe qui se déplace de côté, sait qu’il y a un temps pour l’augmentation et un temps pour la diminution. En accord avec cela, le crabe est équipé de poils hautement sensibles sur tout son corps, ainsi qu’une dure coquille protectrice et des pinces tranchantes. En d’autres mots, il y a un temps pour communier avec le monde externe, et un temps pour se tourner vers soi-même. Cette double nature pourrait-elle être la clé du succès évolutif du crabe?

Peut-on même appeler cela un succès quand, comme cela a été mentionné précédemment, la volonté individuelle de l’animal ne signifie rien face au processus plus large de l’évolution ?

La planète qui règne sur le signe de Cancer, la Lune, est aussi associée au crabe. Comme la Lune croissante et décroissante, « le crabe avance » et se replie, selon le Livre des Symboles, « orienté par les marées lunaires… » (210). Mais peu importe combien de fois elle décroît jusqu’à l’obscurité, nous savons qu’elle redeviendra pleine avec le temps. Brady relie Acubens à « la sage-femme des sorties ou des rentrées », rendant lae natif·ve enclin·e à amener une nouvelle vie ou à faire sortir les anciennes.

Acubens et la Résurrection

Les natif·ves que j’ai remarqué·es avec Acubens ne sont pas toujours joyeux·ses, et ce ne sont pas non plus des personnes qui se dérobent devant la dureté de la vie. Iels sont, en revanche, hautement créatif·ves, et doté·es de la volonté de confrontement directement le processus d’amener et d’ôter la vie. Un bon exemple de cette tendance est Sylvia Plath, née lorsqu’Acubens se levait avec son Soleil. L’un de ses poèmes les plus connus, « Lady Lazarus », est une redite personnalisée de l’histoire biblique d’un homme ramené à la vie par Dieu. Elle combine souvent des imageries triomphantes et macabres, décrivant sa peau « brillante comme un abat-jour Nazi ». Elle fait s’écrouler l’espace entre l’étranger et le familier, déclarant que « la chair/Que la grave cave a mangé sera/À la maison sur moi ». Elle rapproche la mort, en d’autres termes, jusqu’à ce que ce soit une pile de cendres et « Un gâteau de savon/Une alliance/Un remplissage d’or ». En juxtaposant l’éclat de sa peau avec un objet de mort, elle montre la relation entre des opposés, la façon dont la vie et la mort non seulement se soutiennent, mais sont toujours proches l’une de l’autre, attendant d’alterner.

En lien avec cette idée de développement régressif, Kierkegaard dit de la croissance : « Qu’est-ce que l’éducation ? Je suppose que l’éducation est le curriculum que l’on doit suivre afin de se rattraper soi-même » . Toute l’idée de l’astrologie se repose sur cette forme de devenir qui confronte le passé. Avec notre premier souffle, nous sommes marqué·es par la configuration unique des planètes au moment de notre naissance. Au cours de nos vies entières, nos thèmes natals ne changent jamais, cependant, l’on peut espérer que l’expression de ces archétypes naissants se transforme avec nous. On ne travaille pas à, on ne progresse pas vers, le fait d’avoir Mercure en Poissons ou un paran à Acubens dans notre thème natal : c’est déjà là, attendant son heure.

Afin de croire à la résurrection, l’on doit croire en quelque chose au-delà des clôtures finies que nous expérimentons journalièrement. Nous devons oser regarder au-delà des formes changeantes vers un pivot éternel, ineffable, qui ramène la vie au devant encore et encore. Nous devons croire que ce progrès que nous expérimentons au fil du temps n’implique pas d’être à un endroit différent ou de dévoiler quelque chose de neuf, mais simplement de se mettre à l’unisson avec la force de vie qui est déjà là, toujours.

La première fois que j’ai essayé d’identifier les étoiles dans le ciel nocturne, Acubens était la première que j’ai vue. Elle dépassait au-dessus de mon garage, se levant juste au-dessus de l’horizon. J’étais ravie de voir une étoile dont j’avais entendu parler précédemment et que je n’avais jusque là expérimentée qu’en théorie. C’était vraiment ma première initiation à une astrologie plus visuelle et cela m’a laissé la sensation que l’étoile était plus que contente de me voir aussi. Elle était comme une main brillante dans l’obscurité, faisant le premier pas avec moi. Peut-être que je projette sur une chose inerte, mais, ayant Acubens en paran au signe de mon Ascendant, cela ne peut-il pas aussi être de la reconnaissance ? Ces jours-ci, je la vois la plupart des nuits dégagées, immobile à l’oeil nu, jusqu’à ce qu’elle disparaisse à nouveau. Et j’attends alors son retour.


Pour rappel final, vous pouvez retrouver Chloe Margherita sur son site web et via sa newsletter, Recent Bedroom. Elle propos également des consultations dédiées aux étoiles fixes.

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