Astrologie et éthique au quotidien

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Introduction

Pour beaucoup, l’astrologie c’est fun. Qu’iels soient sceptiques ou non, quand les gens apprennent qu’on a une passion intense pour l’astrologie et qu’on s’y connaît plutôt bien, il est très probable qu’iels posent des questions sur leur signe Solaire, voire demandent qu’on calcule leur charte natale et qu’on la commente.

Et effectivement, l’astrologie c’est fun. Je pourrais en parler des heures ! Cela peut être un super outil d’introspection même si on ne prend pas ça très au sérieux, tout comme des tests de personnalité par exemple. Cela peut aussi être une façon amusante d’apprendre à connaître quelqu’un un peu mieux, et se lier via des placements en commun.

Ce n’est pas que ça, cependant. Au début, quand j’ai commencé à m’intéresser à l’astrologie, je disais aux autres : « Je prends pas ça très au sérieux, mais c’est marrant! ». Et je le croyais moi-même en le disant.

Mais assez rapidement, c’est devenu plus que ça. Et il est venu un moment où je ne pouvais plus nier que je prenais en fait l’astrologie très au sérieux. Oui, bien sûr que l’on peut écrire des banalités pour 12 signes différents afin que les gens s’y retrouvent quoiqu’il arrive, par biais de confirmation ou prophétie auto-réalisatrice. Mais l‘astrologie ne se résume pas à 12 signes solaires — loin de là ! Et plus je découvrais et étudiais, plus je pensais… Beaucoup trop de choses étaient bien trop justes pour que ce soient de simples coïncidences. Par exemple, me renseigner sur les transits de Saturne et voir les correspondances avec certaines périodes de ma vie a été un point de non-retour.

Maintenant, je pense donc qu’il y a quelque chose au-delà de l’aspect pop psychology grand public de l’astrologie.

Et cela pose des problèmes éthiques pour moi quant au partage de ma passion avec certaines autres personnes qui approchent cela de manière désinvolte, insouciante.

Je me fais à l’idée du besoin strict de limites personnelles* pour aborder l’astrologie dans les discussions que j’ai avec les autres ; c’est le sujet de cet article. J’ai réfléchi à des lignes de conduite pour moi-même, et j’ai décidé de les partager ici, et de parler des problèmes de consentement qui peuvent émerger dans l’utilisation décontractée de l’astrologie.

1. Consentement et trauma

Je ne pense pas qu’il soit responsable, d’un point de vue éthique, de déclarer quelque chose à propos de la charte natale de quelqu’un sans son consentement — tout particulièrement s’il s’agit de quelque chose d’une nature prédictive, et j’y reviendrai.

Je sais d’expérience comme le sujet peut être délicat pour des personnes ayant des traumas liés à des abus religieux ou mystiques. Il devient parfois impossible d’aborder des sujets un tant soit peu liés pendant des années. Je comprends que cela puisse être le cas d’individus qui croisent ma route.

L’astrologie me passionne avant tout car c’est un moyen de prendre soin de moi et des autres. Il est donc une de mes priorités de ne pas réactiver les traumas d’autrui qui pourraient y être liés.

Respecter les limites d’autrui au sujet de l’astrologie est donc ma première règle d’or.

Peut-être que lorsque je rencontre quelqu’un pour la première fois, j’essaye en mon for intérieur de deviner ses placements. Mais si la personne ne veut rien entendre au sujet de l’astrologie, je respecte cela et je garde mes pensées pour moi-même.

Si la personne que je rencontre est curieuse, je m’engage toujours à la prudence. Il est possible que quelqu’un ne précise pas avoir un trauma spirituel et/ou religieux. Peut-être même que la personne n’en a pas conscience. Il est possible que la personne soit plus fragile sur ces sujets qu’elle ne le laisse paraître.

Les limites personnelles sont importantes, et je crois que peu importe l’approche que l’on a de l’astrologie, cette règle d’or est une bonne base.

2. Consentement et attentes

Mettons que quelqu’un veut que vous fassiez leur charte natale, ou vous pose des questions sur ses placements natals.

Je crois que notre premier réflexe devrait être de se demander : quelles sont ses attentes ?

La plupart des gens se satisfont parfaitement de quelques mots sur les archétypes associés à leur signe Solaire et leur Ascendant. Quelques personnes aiment peut-être en savoir un peu plus au sujet de leur SLA (Soleil-Lune-Ascendant, aussi appelé big three ou SMR en anglais). Généralement, ce n’est que de la curiosité spontanée, sans attentes précises derrière.

Donc la question sous-jacente et plus importante est la suivante : à quoi est-ce que cette personne ne s’attente PAS, et qui pourrait les secouer ?

L’astrologie prédictive peut être dérangeante pour certaines personnes, et c’est bien logique. C’est parfois très troublant !

Les mots ont un certain pouvoir. Je recommanderais de faire très attention à ce que vous dites à quelqu’un sur les éléments auspicieux ou fâcheux de leur charte natale, surtout si vous en savez peu sur leurs intentions, leurs sensibilités et fragilité.

Définissez des limites pour vous-même. Une consultation astrologique peut être, à certains égards, intime et intense. Préparez-vous donc ; que vous soyez étudiant·e astrologue ou juste quelqu’un de curieux·se et passionné·e à propos de l’astrologie, assurez-vous d’approcher cette discipline de manière éthique.

3. Consentement et confidentialité

Une charte natale est personnelle. Partager les données natales de quelqu’un sans son consentement à le faire ne semble pas être quelque chose de très éthique, c’est bien évident.

Cela doit être discuté. Si votre ami·e vous a demandé de faire sa charte, est-iel d’accord que vous parliez de ses placements avec d’autres ami·e·s en conversation plus tard ou non ? Préfèrerait-iel garder ces données, ainsi que les conversations que vous avez eu ensemble à ce sujet, privées ?

Engagez-vous à respecter les souhaits de la personne à ce sujet — et si vous n’en n’êtes pas capables, ne commencez pas une discussion astrologique avec cette personne. Si vous ne pouvez pas respecter les limites personnelles de quelqu’un au sujet de leurs données personnelles, vous ne devriez pas avoir accès aux données personnelles en question ! Si vous pensez que cela risque de vous échapper, alors peut-être vaut-il mieux de ne pas savoir…

Conclusion

Je recommande vivement de prendre les devants quant aux limites personnelles à poser lors de discussions astrologiques — que ce soient les vôtres, ou celles de la personne qui recherche vos conseils, et que ce soient des discussions décontractées ou dans un cadre de consultation professionnelle. N’attendez pas que la personne vous dise d’elle-même ses attentes et ses craintes, demandez-lui ! N’attendez pas de vous retrouver devant le fait accompli pour réfléchir à ces aspects de la pratique.

Et demandez-vous : quelles sont VOS limites personnelles, vos craintes et vos espoirs ?


Note :

*J’ai écrit cet article en anglais en premier lieu, et j’utilisais le terme « boundaries », qui peut se traduire par limites personnelles, mais qui a un certain nombre de connotations difficilement traduisibles.

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