Étudier les transits astrologiques (sans se liquéfier d’anxiété)

Cet article m’a été inspiré par une discussion avec les abonné·es Ruisseau et Puits de ma page Patreon. Si vous souhaitez participer à ces discussions en direct mensuelles, vous pouvez nous rejoindre par ici !

Les transits astrologiques représentent l’actualité céleste, la météo astrale. C’est une des techniques qui permet d’évaluer comment la promesse natale, ce qui est indiqué dans le thème natal d’un individu, peut se développer. Cet article ne vise pas à expliciter comment étudier les transits en détail, mais s’adresse plutôt aux personnes qui se questionnent sur la manière d’étudier les transits sans exacerber leur anxiété.

En effet, il me semble que tôt ou tard, toute personne passionnée par l’astrologie se trouve confrontée aux difficultés que cette passion peut présenter. Qui n’a pas été pris·e d’un coup de flip en voyant tel ou tel transit se profiler à l’horizon ? Surtout lorsqu’on l’on débute, il peut être difficile de prendre du recul. Mais même lorsque l’on est astrologue, il arrive que certains transits puissent générer de l’inquiétude.

La première chose que j’aimerais souligner est donc que l’anxiété liée aux transits n’est pas une expérience isolée et exceptionnelle, mais relève plutôt de quelque chose de très commun. Il n’y a pas non plus, à mon sens, de niveau d’expérience ou d’expertise à partir duquel ce risque disparaît complètement. C’est une partie intégrante de la condition humaine que d’expérimenter des émotions difficiles, et si l’astrologie peut aider à naviguer cela, ce n’est ni automatique ni systématique.

Bien sûr, gagner en expérience peut aider à prendre du recul. Lorsque l’on dispose de plus en plus d’informations, on a davantage de discernement sur l’importance d’un transit donné, et on est plus à même de se préparer à ce qui se profile, que ce soit psychologiquement ou matériellement.

Pour prendre un exemple concret, lorsque l’on débute, savoir que l’on approche d’un retour de Saturne en maison 4 peut paraître opaque, voire faire peur parce que justement, on ne sait pas à quoi s’attendre. Avec le temps et l’apprentissage, l’une des délinéations à laquelle on peut arriver est la probabilité d’un déménagement, par exemple. Ce n’est pas la seule, mais c’est une option à considérer, et l’avoir en tête peut aider à s’y préparer !

Quel que soit le niveau d’expérience, il arrive qu’il soit particulièrement pertinent de consulter quelqu’un pour avoir une autre perspective. Parfois, la manière la plus efficace de contrer l’anxiété et la catastrophisation est de s’en ouvrir à quelqu’un et de se laisser la possibilité d’être rassuré·e, encouragé·e, soutenu·e. Cela peut être le cas lorsque l’on débute mais aussi lorsque l’on a 25 ans d’expérience ! L’enjeu dans ce cas de figure est surtout d’identifier une personne que vous estimez de confiance, et compétente, pour ce qui vous préoccupe – sur ce point, je vous recommande l’article dédié, « Comment choisir un·e astrologue » .

Outre l’astrologie en elle-même, bien sûr, il y a une diversité d’autres manières d’appréhender un transit astrologique avec le plus de sérénité possible. La cartomancie, ou autre moyen de divination, peut être un soutien précieux. Mon estimé·e collègue Mrs.Krobb propose un modèle de tirage sur les transits, qui est disponible sur son site ici. Nous avons aussi collaboré par le passé pour créer des modèles de tirages en lien avec certains transits, comme les rétrogrades de Mercure, Vénus ou Mars, disponibles sur la même page. J’ai aussi plusieurs fois publié des modèles de tirage spécifiques à des transits du moment sur ma page Patreon pour le palier Puits (Jupiter en Bélier, Saturne en Poissons, Vénus en Lion…)

Le problème de l’anxiété peut cependant se présenter avec la cartomancie aussi pour certaines personnes, ou dans certaines situations critiques ! Il arrive que solliciter quelqu’un d’autre pour faire le tirage aide, à l’instar de l’astrologie comme expliqué plus haut, mais si le recours à la cartomancie devient compulsif, n’aide pas, exacerbe l’inquiétude, ce n’est pas bon signe.

C’est humain que de chercher le contrôle lorsque l’on est aux prises à des émotions douloureuses. Mais bien souvent, ce dont on a besoin est plutôt de discernement, de comprendre ce que l’on peut faire, et de lâcher-prise sur ce qui n’est pas de notre ressort, de faire la place à l’acceptation. Je ne prône évidemment pas ici le fatalisme ou la résignation face à l’injustice ou la souffrance – seulement le pragmatisme.

Il me semble important d’observer ses propres motivations lorsque l’on va étudier les transits. Parfois, cela peut relever d’une dynamique auto-destructrice, où l’on va délibérément chercher les transits les plus durs dans le futur, ou même aller fouiller le passé de manière qui appuie là où ça fait mal. C’est rarement quelque chose d’une grande aide, surtout lorsque c’est prolongé et/ou récurrent.

Parfois, on est tout simplement pas en état d’étudier les transits, et c’est ok. Si vous n’avez pas la marge en termes de stress, de disponibilité émotionnelle, je vous encourage à ne pas vous forcer – oui, même si vous êtes astrologue, en fait, surtout si vous êtes astrologue ! Situer ses limites et les respecter autant que possible est important pour tou·tes.

Mon estimé·e collègue Hawk Grubb s’est exprimé il y a quelque temps sur le fait qu’exercer une discipline (telle que l’astrologie ou la cartomancie) qui implique de se projeter dans le futur et/ou le passé, parfois très loin, pouvait déréguler le système nerveux, et qu’avoir des pratiques de régulation et d’apaisement était clé. Je rejoins complètement ces remarques. On ne peut pas faire l’impasse sur des pratiques d’ancrage en tant qu’astrologue sans courir au burn-out tôt ou tard.

Hawk expliquait que la méditation assise et le yoga l’aidaient, avec humour, car en ayant bien conscience que cela peut être déplaisant à entendre – surtout pour des personnes malades chroniques à qui l’on préconise ces pratiques à tort et à travers sans prendre en compte les différents besoins en termes d’accessibilité. Pour ma part, je suis incapable de méditer en position assise sans que cela soit douloureux, donc j’ai trouvé d’autres manières de procéder. L’enjeu est de se permettre d’être présent au moment M au lieu d’être constamment dans une catapulte temporelle. Il y a bien des manières différentes d’y arriver – la discussion avec les abonné·es Patreon était riche en partages de ce point de vue là !

D’un point de vue technique, il peut être utile de se placer des garde-fous. Étudier les transits seulement rétrospectivement, c’est-à-dire seulement une fois que le moment en question est déjà passé, peut être une option. Pour d’autres personnes, ce sera par exemple d’étudier les transits pas plus d’un ou deux mois à l’avance. Cela peut aussi être de s’intéresser principalement à certains types de transits, et pas à d’autres.

Dans certains cas, pousser la rétrospective peut justement être hasardeux. Par exemple, lorsque l’on étudie les rétrogrades de Vénus qui sont très régulières, l’un des conseils qui est parfois donné est de revisiter les transits précédents qui étaient similaires : regarder ce qu’il s’était passé il y a 8 ans pour mieux comprendre les enjeux de la rétrograde actuelle. Cependant, pour certain·es d’entre nous, peut-être que ces dates peuvent faire émerger des évènements très difficiles que l’on ferait mieux de ne pas remuer à l’excès. Si explorer les transits avec un angle rétrospectif est très réactivant de traumas et que l’on est pas en mesure de naviguer ça en étant bien entouré·e, cela peut être préférable de se concentrer sur les enjeux actuels ! Bref, il s’agit toujours de discerner ce qui vous permet de vous sentir mieux, plutôt que ce qui vous enfonce.

Pour les personnes qui étudient l’astrologie dans une perspective animiste, la remédiation astrologique est particulièrement précieuse pour aborder des périodes difficiles. L’ensemble de méthodes que l’on regroupe sous les termes de remédiation astrologique ne fait pas nécessairement disparaître les difficultés, mais peut aider considérablement pour les naviguer. Cependant, la remédiation nécessite un ensemble de connaissances assez pointu, et les ressources francophones à ce sujet sont, à ma connaissance, quasi-inexistantes (je vous encourage vivement à vous renseigner rigoureusement sur la formation et l’expérience d’une personne qui avance s’y connaître à ce sujet car il peut être dangereux d’être mal conseillé·e dans le domaine de la remédiation !). Ce n’est dans tous les cas pas particulièrement accessible lorsque l’on débute ; mais pour des personnes qui ont déjà un solide bagage astrologique, cela peut être une piste pertinente.

Il y aurait beaucoup d’autres choses à ajouter, mais je vais clore cet article ici, et j’espère qu’il aura pu fournir des pistes utiles pour des questionnements autour de l’anxiété provoquée par l’étude des transits. Si vous avez des problèmes d’anxiété sérieux, je vous encourage vivement à rechercher de l’aide à ce sujet, qu’elle soit médicale ou non. Il existe une variété de modalités de soin et d’entraide, et je vous souhaite d’avoir accès à ce dont vous avez besoin. Si l’astrologie ne vous aide pas et exacerbe vos problèmes, je vous recommande de ne pas forcer et de faire les changements qui s’imposent pour que l’astrologie soit un soutien et non un poids.


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