Zodiaque tropical, zodiaque sidéral

Je me suis rendu compte récemment que je n’avais jamais écrit d’article pour expliquer la distinction entre zodiaque tropical et zodiaque sidéral. Il s’agit pourtant d’un élément important pour appréhender différentes traditions astrologiques. C’est aussi une distinction sur laquelle peuvent buter beaucoup de personnes intéressées par l’astrologie, conceptuellement et philosophiquement.

Qu’est-ce qu’un zodiaque ?

Le terme « zodiaque » vient du latin zodiacus, lui-même emprunté à l’adjectif grec zôdiakós (ζωδιακός) qui signifie « [cercle] de petits animaux », d’après le mot zốdion (ζῴδιον) signifiant « figurine d’animal » . Le zodiaque est un découpage symbolique du ciel, plus particulièrement du chemin du Soleil (aussi appelé écliptique), en douze portions de 30 degrés chacune. Ces portions sont appelées « signes du zodiaque » et sont le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons. Ces signes et leur ordre sont les mêmes dans le zodiaque tropical et dans le zodiaque sidéral, car elles s’inspirent des constellations qui occupent cette portion du ciel, parfois appelées « constellations zodiacales » ou « constellations de l’écliptique » .

Constellations of the Zodiac

Le zodiaque tropical

Le zodiaque tropical est déterminé avec le mouvement des saisons Solaires comme marqueur. On n’observe pas la précession, c’est-à-dire le très lent décalage des étoiles dans le ciel de notre point de vue ; on se concentre plutôt que la hauteur du Soleil dans le ciel. Le « Nouvel An » astrologique est l’entrée dans le signe du Bélier, qui n’est pas aligné avec la constellation du Bélier.

Le zodiaque sidéral

Le zodiaque sidéral fait usage de la précession, afin que le début du zodiaque corresponde à une étoile de la constellation du Bélier. Il existe différentes modalités de calcul, dont l’une des plus connue est celle appelée Lahiri. Du fait de l’observation de la précession, le zodiaque sidéral est mobile. Il s’attache davantage, comme l’indique son nom, aux étoiles. Cependant, il est tout à fait possible de travailler astrologiquement avec les étoiles fixes sans faire usage du zodiaque sidéral ; c’est d’ailleurs mon cas.

Bien que la position réelle des étoiles dans le ciel soit cruciale pour le zodiaque sidéral, celui-ci ne colle pas pour autant aux constellations, car il s’agit d’un découpage régulier, de 30° par signe, comme le zodiaque tropical. Le zodiaque sidéral n’est donc pas « plus exact scientifiquement » que le zodiaque tropical : les deux ont des points de repères différents mais ont en commun d’avoir un découpage qui ne colle pas avec le ciel en tout point.

Qui utilise quel zodiaque, et quel zodiaque choisir ?

Le zodiaque le plus couramment utilisé par les astrologues que l’on pourrait qualifier d’occidentaux, à défaut d’un meilleur terme, est le zodiaque tropical. Ainsi, l’immense majorité des personnes étudiant et enseignant les courants dits néo-hellénistiques, médiévaux, et modernes utilisent le zodiaque tropical. Il est souvent considéré comme le zodiaque par défaut, y compris par des personnes se réclamant de la science et prétendant débunker l’astrologie en invoquant la précession… ce qui montre surtout une ignorance de l’histoire de l’astrologie, et une ignorance crasse en ce qui concerne la diversité des traditions astrologiques.

Le zodiaque le plus couramment utilisé dans la pratique du Jyotish, l’astrologie Védique, est le zodiaque sidéral. Il existe des exceptions, bien entendu ! Par exemple, l’astrologue Vic DiCara se réclame des traditions Védiques mais promeut l’utilisation du zodiaque tropical en se référant à une certaine interprétation de textes sources de ces traditions.

Quel zodiaque choisir ?

De nombreux·ses étudiant·es en astrologie se posent la même question tôt ou tard : avec quel zodiaque travailler ? La question est à la fois plus complexe et plus simple qu’elle en a l’air.

La première chose qu’il me semble crucial à souligner, c’est que l’idée qu’il y aurait Un Bon Zodiaque Qui Fonctionne est une errance suprémaciste. Nous sommes conditionné·es à cette manière de penser (chercher La Vérité Immuable), mais on ne peut pas approcher les nuances astrologiques ainsi sous peine de tomber dans des considérations néo-coloniales extrêmement rapidement. Il n’y a pas un seul système divinatoire qui « fonctionne » , et par ailleurs le but d’un·e astrologue ne devrait pas, à mon sens, être de prouver que son système est le meilleur. C’est déshonorer sa vocation que de s’embourber dans des quêtes hubristiques et autres querelles de chapelle. Bien entendu, corriger la désinformation est important ; en revanche prétendre avoir La Bonne Réponse en piétinant des traditions établies que l’on ne connaît pas ou ridiculement peu et mal, c’est tout de même moche.

Les zodiaques tropical comme sidéral sont des découpages du ciel symboliques. Le sidéral se base sur les étoiles et il « colle » donc de plus près à l’astronomie réelle, certes ; mais il reste un découpage symbolique qui ne correspond pas à la taille réelle des constellations. Le zodiaque tropical obéit à sa propre logique, qui est celle du tournant des saisons ; prétendre qu’il s’agit d’une simple erreur de calcul serait faire preuve de mauvaise foi. Les astrologues qui prennent le temps de regarder le ciel sont parfaitement au courant que les signes du zodiaque et les constellations sont deux choses distinctes, bien que liées symboliquement.

Il me semble toujours plus pertinent de travailler avec le zodiaque qui est utilisé par le ou les courants dans lesquels on travaille et ses enseignant·es. Par exemple, j’ai solidifié les bases de mes connaissances astrologiques en étudiant le courant néo-hellénistique via le cours certifiant de Chris Brennan, qui utilise le zodiaque tropical. C’est le zodiaque avec lequel je travaille toujours à ce jour, mais ma passion pour les étoiles fixes et les stations Lunaires m’a poussé à m’intéresser à l’astrologie Védique et à mémoriser les délimitations sidérales également. Cependant, je ne suis pas initié à l’astrologie Védique de manière formelle et je ne me réclame pas d’un courant de ces traditions. Utiliser le zodiaque sidéral alors que mes connaissances en Jyotish sont encore relativement superficielles me semblerait à côté de la plaque.

Sur ce point, il est peut-être pertinent de mettre en garde : l’approche des signes n’est pas tout à fait la même dans les deux zodiaques. Vouloir passer au zodiaque sidéral parce qu’on préfère son thème dans ce zodiaque en y exportant les notions que l’on a apprises à partir du zodiaque tropical a donc des chances d’être particulièrement bancal. Je n’encouragerais vraiment pas les étudiant·es à passer du tropical au sidéral juste sur les vibes de votre thème natal sidéral, alors que vous n’avez pas les clefs d’interprétation pour l’appréhender avec toute sa richesse.

Bien sûr, si le questionnement porte plutôt sur une consultation avec une personne formée, c’est différent. Je ne cherche nullement à décourager quelqu’un de consulter un·e astrologue qui utilise un zodiaque différent de ce qui lui est le plus familier. J’ai moi-même énormément bénéficié de consulter une collègue pour commencer à découvrir mon thème dans une perspective Védique.

Pour finir, il me semble bon de se garder de prendre au sérieux des généralités affligeantes concernant les différents zodiaques et des idéologies qui leur seraient rattachées. Aucun zodiaque n’a le monopole de la bigoterie quelle qu’elle soit ! Certaines personnes prétendent parfois transmettre les bases de l’astrologie mais ne connaissent pas bien son histoire, ne sourcent jamais rien, font de l’évitement spirituel, n’ont pas pris le temps de considérer leur vision du monde et leurs filtres, sont obnubilées par des tentatives de se légitimer ou se vendre… Et bien sûr il existe des astrologues très réputé·es qui se vautrent dans la misogynie, la transphobie, le racisme, etc. Cela ne veut pas dire que tout est à jeter au niveau technique, mais je vous encourage au discernement et à la lenteur. Se donner le temps de prendre du recul, d’expérimenter, d’étudier plus en profondeur est une bonne idée. L’astrologie est une passion qui résulte en études infinies, mieux vaut y prendre goût et se réjouir de ne jamais avoir fini d’apprendre et désapprendre !


J’espère que cet article aura pu apporter des clarifications et pistes de réflexion autour du zodiaque tropical et du zodiaque sidéral. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaires !

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Sources et références sélectives
  • Star and Planet Combinations, Bernadette Brady
  • Brady’s Book of Fixed Stars, Bernadette Brady
  • Secrets of the Ancient Skies, Diana K. Rosenberg
  • Babylonian Star-Lore, Gavin White
  • Hellenistic Astrology: The Study of Fate and Fortune, Chris Brennan
  • Ancient Astrology in Theory and Practice, Demetra George
  • On The Heavenly Spheres, Helena Avelar & Luis Ribeiro
  • Les Origines de l’astrologie, Denis Labouré

Sources et références sélectives


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