Alphératz est une étoile de la constellation d’Andromède, qui se trouve actuellement à 14°35 Bélier une fois projetée sur l’écliptique dans le zodiaque tropical.
La constellation Andromeda

Andromède est l’une des membres de la famille royale polaire composée de Cepheus le roi, Cassiopeia la reine, Andromeda la fille ou princesse, et Perseus le prince. Au sein de cette famille, Andromède représente la jeune princesse enchaînée à un rocher pour être sacrifiée à un monstre marin, recevant le prince, Persée, qui s’élance vers elle avec son épée en main. De ce point de vue, ce couple représente la fertilité humaine et un cycle vital en équilibre avec l’autorité du roi et de la reine. Cette posture réceptive de la jeune fille prête à recevoir un soupirant a plus tard été traduite par les Grec·ques comme une femme enchaînée ayant besoin d’être sauvée par Persée. Chaînes ou non, Andromède est considérée, selon Bernadette Brady, comme un symbole du désir de recevoir, de prendre du plaisir avec un amant qui porte du fruit.
Cette constellation est donc parfois réduite à un archétype de damoiselle en détresse, ou à une certaine passivité érotisée. Il y a un aspect initiatique à Andromède, avec le lâcher-prise comme expérience radicale et extatique. Alphératz se trouve voisine de la constellation Pegasus, le cheval ailé, qui peut être considéré comme l’allié d’Andromède sur lequel elle peut s’échapper. Andromède est ainsi un symbole de l’individuation et de la souveraineté personnelle, de l’affranchissement des normes genrées et de la rébellion envers la masculinité utilisée comme une arme.
Si l’on remonte plus loin dans l’histoire de l’interprétation astrologique d’Andromède, voici ce qu’en dit Manilius, astrologue du 1er siècle (traduction mienne, d’après Goold) :
L’homme dont la naissance coïncide avec le moment où Andromède s’élève des flots se montrera sans merci, dispensant les punitions, un gardien de donjon sinistre ; il se tiendra avec arrogance tandis que les mères de malheureux prisonniers se prostrent sur son seuil, et tandis que les pères attendent toute la nuit pour attraper les derniers baiser de leurs fils et recevoir en eux leur dernier souffle. De la même constellation vient la figure du bourreau, prêt à prendre de l’argent pour une mort rapide et les rites du bûcher funéraire ; pour lui l’exécution signifie le profit, et il arborera souvent sa hache ; en somme, il est un homme qui pourrait avoir regardé sans émotion Andromède elle-même attachée à son rocher. Gouvernant les prisonniers il devient occasionnellement un condamné lui-même, enchainé aux criminels comme pour les sauver de l’exécution.
Manilius in Asronomica

Alphératz
Lorsque j’ai lu le paragraphe de Manilius au sujet d’Andromède, j’ai immédiatement pensé à l’écrivain George R. R. Martin, connu pour tuer sans merci les personnages préférés de son lectorat. Il a un paran de Mercure à Alphératz en passage écourté, soit particulièrement dramatique !
S’abonner pour poursuivre la lecture
Abonnez-vous pour avoir accès à la suite de cette publication et au contenu réservé aux abonnés.
Les commentaires sont fermés.